Pour le premier billet jeu vidéo du blog, j’ai choisi d’aller complètement à contre-courant de la tendance de l’industrie actuelle. Toujours plus d’effets graphiques, toujours moins de contenu et surtout toujours plus de $$$, pour résumer. Et c’est bien tout ce que n’est pas Dwarf Fortress, curieux mélange de rogue-like et de gestion distribué par Bay12 Games.

Dwarf Fortress sasn kit graphique

Dwarf Fortress sans kit graphique

Graphiquement, c’est de l’ASCII, des caractères qui symbolisent l’environnement et les créatures qui peuplent le jeu. Honnêtement, lorsqu’on n’est pas habitué, ça pique sévèrement les yeux et il est difficile de faire les bonnes associations au début. Oui parce que le petit « c » qui se déplace sur l’écran c’est un chat. Mais s’arrêter pour si peu c’est passer à coté d’une merveilleuse expérience vidéoludique. D’autant plus qu’il existe des sets de caractères et des kits graphiques pour enjoliver le soft, ce qui j’en conviens n’est pas un mal.

Mais le plus intéressant, c’est indubitablement le contenu d’une richesse ahurissante. Le jeu créé purement et simplement un monde aléatoire, avec sa géographie, son histoire, ses peuples… Ce monde persistant sera sauvegardé pour l’ensemble des parties. Le jeu a deux modes, le mode Aventure où l’on incarne au choix un humain, un elfe ou un nain pour partir à l’aventure dans ce monde fantastique dans un ersatz de Rogue, et autres dungeon crawlers de l’époque 2D. Le mode Forteresse, le plus intéressant à mon gout, permet de bâtir une forteresse dans les montagnes à partir d’une poignée de nains. Et pour l’anecdote, il est possible de visiter en mode Aventure les forteresses que vous aurez déserté dans le second mode de jeu.

Concentrons-nous sur le mode Forteresse. Avec ladite poignée de nains vous allez devoir tout gérer, où creuser, mettre des piliers pour éviter aux salles trop grandes de s’effondrer, trouver un endroit propice à l’agriculture, développer le commerce ou encore prévoir une défense face aux gobelins qui risquent de vous assaillir. Et surtout survivre à l’hiver qui approche. Les possibilités sont quasi infinies, le joueur découvre les possibilités au cours du jeu, avec une approche à base d’essai/erreur. Ainsi découvrir une rivière de lave et inonder ses souterrains pour promouvoir l’agriculture débouche sur une demi-douzaine de nains cuits à la vapeur sans un contrôle précis du flux d’eau. Et comme le dit le développeur : « Losing is fun !« , perdre ses nains à cause d’une démarche approximative permet alors de bâtir une nouvelle forteresse en tirant les leçons de la précédente, en optimisant le placement des salles et le trajet des nains par exemple ou en dotant ses colons de compétences que l’on croyait inutiles et dont on a cruellement manqué finalement.

Évidemment, des possibilités aussi fouillées débouchent inévitablement sur un gameplay complexe dont la durée d’apprentissage est assez conséquente. Mais cela en vaut vraiment la peine, et les raccourcis sont relativement logiques pour peu qu’on connaisse le mot anglais. Le jeu existe dans la langue de Shakespeare mais est en cours de traduction par la communauté de joueurs francophones, ce qui facilite l’appréhension des plus anglophobes d’entre vous.

Vous l’aurez compris, j’affectionne particulièrement ce jeu, pour sa richesse et malgré son dépouillement graphique. Son apparente complexité cache une trésor de possibilités, de challenge et c’est vraiment un plaisir de devoir contenter ses nains. Son prix ? Il est gratuit, financé par les généreux donateurs que l’on peut compter dans la communauté rassemblée autour de Bay12 Games. Encore un point fort donc.

Avec le kit DFG que jutilise

Avec le kit DFG que j'utilise

Quelques liens pour ceux dont la curiosité serait titillée :

Le site officiel : ici
Pour télécharger une version avec un kit graphique préinstallé : ici
Le blog de la communauté francophone : ici
Le wiki officiel, qui est plus qu’utile : ici

Arieseb