Comment apporter du neuf à un genre horrifique ( le survival) mis à toutes les sauces ces dernières années ? Eden Lake de James Watkins ( scénariste du futur The Descent 2) apporte une réponse payante : faire des habituels bourreaux de « simples » et crédibles adolescents perturbés, en lieu et place des habituels monstres-dégénérés consanguins qui pullulent. S’il ne s’agit en aucun cas d’un choix totalement novateur ( l’enfant a souvent été utilisé comme incarnation de la menace dans de nombreuses oeuvres, on pense notamment à Les révoltés de l’an 2000 ), l’approche naturaliste qui est faite ici rend le long métrage particulièrement efficace.

Jenny ( Kelly Reilly vue dans L’auberge espagnole ) est maitresse d’école à Londres. Avec son ami Steve, ils partent passer un week end romantique au bord d’un lac perdu au milieu d’une contrée rurale. Leur tente à peine installée, ils sont rejoints par une bande de teenagers arrogants, qui dérangent leur quiétude en faisant brailler leur radio et en laissant leur Rottweiller mettre leur nez dans leurs affaires. Après avoir tenté de faire abstraction, Steve tente poliment de les enjoindre à plus de discretion. L’engrenage se met en marche et le paisible week end va alors se transformer en véritable chasse à l’homme…

Le point fort d’Eden lake n’est certainement pas son canevas ultra classique, ni ses péripéties qui convoquent l’intégralité des clichés les plus éculés du genre. Non, là où le film marque positivement, c’est dans le sérieux et la précision de sa mise en scène, qui très rapidement distille une tension qui ne retombera ( presque ) jamais, emportant avec elle le spectateur, pris au piège d’une identification aux personnages totale et absolue. Le film refuse tout compromis et évite toutes les concessions que le parti pris du scénario pouvait laisser craindre ( on parle ici d’adolescents qui massacrent et qui se font massacrer), aboutissant à des séquences absolument glacantes. Mais la plus grande qualité du film, c’est de ne pas réduire ses personnages à de simples silhouettes venues là pour endosser les rôles qu’on attend d’elles ( agresseurs-agressés) mais d’au contraire en montrer le cheminement psychologique, d’un côté comme de l’autre.

Jusqu’au boutiste dans sa filiation au genre, le nihilisme absolu du climax risque toutefois d’en énerver certains ( mais est-ce bien à ceux là que se destine un tel film ?) .

The CnS

Sorti en france le 8/10/08 dans 122 salles

EdenLake, le site officiel ( en VO)