Highlander de Russel Mulcahy : du triomphe à la disgrâce

Si aujourd’hui on parle d’Highlander ( le film original, de Russel Mulcahy ) à l’individu lambda, en évoquant l’addition immortels + Christophe Lambert, on a toutes les chances d’avoir pour réaction un gentil sourire sardonique qui résume tout : « nanard ». Cet avis est généralement très répandu dans la presse spécialisée, au détour de petites phrases assassines dès que l’occasion s’y prête.

Et pourtant, croyez le ou non, mais à sa sortie, Highlander fut un triomphe immédiat, aussi bien public que -et c’est là où c’est intéressant- critique.

En toute objectivité, revu à l’heure actuelle, Highlander EST un bon film. Un film imparfait certes, qui a vieillit aussi, mais un bon film. Un film qui vous donne la banane jusqu’à la fin, qui traite son histoire avec sérieux, qui respecte son public et qui est parcouru d’un vrai souffle épique que nombre d’oeuvres actuelles peinent à égaler. On n’est donc pas en face d’une perte de « qualité » du film mais bien d’une dépréciation de son « aura ».

Who wants to live forever ?

Alors pourquoi ? Comment expliquer à la lumière de ces deux faits (on a reconnu par le passé les qualités du film, ces qualités sont toujours présentes aujourd’hui) la réputation peu flatteuse qui précède le film ?

C’est là l’objectif de ce court dossier : en prenant comme point de départ de l’analyse une des ( nombreuses) critiques élogieuses publiées dans la presse de l’époque pour chercher certaines des explications de ce revirement dans l’inconscient collectif.

Bien évidemment, cette analyse reste avant tout basé sur un ressenti et ne prétend certainement pas non plus à une quelconque exhaustivité.

Elle reste néanmoins intéressante à mon sens, puisque au travers d’ Highlander, elle contient en filigrane ces questions : « un film vieillit-il ? Est-il victime de sa propre obsolescence ou de celle de son temps ? »

Sur ce, entrons dans le vif du sujet, avec la critique qui donne le point de départ de cette réflexion :

Lire la critique

Il s’agit d’une critique d’Highlander tirée du magazine L’Ecran Fantastique d’avril 1986, ce qui correspond à la sortie française du film, le 26 mars 1986. L’Ecran fantastique est une des plus anciennes revues française sur le cinéma fantastique (plus de 30 ans) et existe toujours à l’heure actuelle.

Un simple coup d’oeil à la critique vous permettra de constater à quel point celle-ci est dithyrambique, unanime, son auteur n’hésitant pas à qualifier le film de « parfait », « exempt de défauts », disant qu’il «  brille comme un pur diamant dans l’écrin déserté de pierres précieuses du cinéma contemporain » (encore un qui aime se regarder écrire). Précisons que l’intégralité du numéro de la revue met le film au panthéon, lui accordant sa couverture (comme de nombreuses autres revues à ce moment, et principalement la célèbre STARFIX) et une bonne quinzaine de pages.

Avouez que, vu d’ici (je devrais dire « vu de notre temps »), on n’aurait jamais suspecté que le film puisse être qualifié de  « parfait » par des gens de la profession.
Nous allons voir que la perte d’aura du film est intimement liée à celle de ses principaux instigateurs :

Contexte de sortie – Points Divers- Les années 80

Il est temps de rappeler brièvement ce qu’est Highlander (au cas où je ne serais pas lu uniquement que par des geeks) :

Il s’agit d’un film appartenant au genre fantastique, mettant en vedettes Christophe Lambert et Sean Connery, et qui conte l’histoire d’une race d’hommes supérieurs, les immortels, destinés à s’affronter à travers le temps jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

Sean Connery est Ramirez, le mentor de Macleod ( C. Lambert)

Highlander est un film anglais (précision qui a son importance).

gloups !

l'affiche américaine

Il sera le triomphe de l’année 1986 partout en Europe (c’est en France le film qui fera le plus grand nombre d’entrées) mais pas aux Etats-Unis où le film passe relativement inaperçu (la faute à un marketing foireux qui néglige les campagnes de promotion et édite des affiches ne reflétant pas du tout le contenu du film : la tête en gros plan et en noir et blanc de Lambert avec une expression de violeur !!).

Ce point est important à expliciter dans la mesure où l’échec du film aux Etats Unis peut expliquer en partie le succès critique et public du film en Europe.

En effet, une des caractéristiques du succès du film est son particularisme au sein du cinéma d’action des années 80.

Le film d’action a toujours été un genre dominé par les américains (enfonçons des portes ouvertes !) et justement, sous ce que l’on va appeler le cinéma de l’ère Reagan, se développe un courant esthétique du film d’action, disons une « façon de le penser et de le faire » implicitement lié aux idéologies prônés par le président d’alors, Ronald Reagan.

Le cinéma de cette époque se caractérise notamment par la figure du héros mythique, triomphant et indestructible (tels ceux incarnés par Schwarzenegger et Stallone). Dans une thèse publié dans la revue les Cahiers d’histoire immédiate (n°10, automne 1996) sur le cinéma sous Reagan, voici ce qu’on nous dit sur les spécificités du cinéma d’action :

(Il est caractérisé par) « Un héros mythique, invulnérable et solitaire, dont le corps sculpté est l’indication de sa force mythifiée, herculéenne, dans la plus pure tradition des demi-dieux (…). Son combat sera par ailleurs solitaire et le héros, abandonné soit par ses pairs soit par des bureaucrates corrompus, va devoir redresser seul la situation pour sauver l’Amérique, c’est à dire le monde ». «  Manichéisme exacerbé, le héros qui incarne toujours le bien n’a pas de psychologie. De par sa simple présence, il est identifiable ».

Connor Macleod, un héros intemporel

Connor Macleod, un héros intemporel

Highlander, bien qu’il corresponde en bien des points à cette définition et qu’il entre dans la mouvance (ça reste une lutte manichéenne entre le bien et le mal), prend ce courant à revers en présentant un protagoniste principal aux antipodes des gros bras qui ont le vent en poupe. Dans Highlander, Connor Macleod, le héros, n’est pas une montagne de muscles indestructible (certes, il est immortel. Mais s’il ressuscite toujours, il meurt aussi facilement que le premier venu) et c’est surtout un personnage torturé et tragique, qui vit son immortalité comme un fardeau et qui traîne un profond spleen durant des siècles. Un héros romantique en somme.

Ajoutons qu’en guise de bras d’honneur suprême aux canons en vogue, highlander nous présente un héros également stérile (les immortels ne peuvent se reproduire) !

C’est cette pointe d’originalité au sein d’un courant majoritaire qui tend à expliquer ( en partie) le succès critique du film en France et en Europe, plus qu’aux Etats-Unis, les mentalités étant assez différentes. C’est cette alliance émotion-action qui fédère. Mais ça n’est pas la seule raison bien évidemment.

Highlander va fonctionner et marquer pour une autre raison bien spéciale : il va être le mètre étalon de la mouvance esthétique alors en vogue : l’esthétique-clip. Les années 80 sont en effet très marquées par cette nouvelle vague esthétique qui va voir l’émergence de cinéastes dont la formation technique passera par le vidéo-clip et la publicité.

Queen + Highlander, un cocktail qui séduit

Queen + Highlander, un cocktail qui séduit

Précisons que c’est en 1981 que commence « l’industrialisation de masse » du vidéo-clip, devenant la forme de référence pour tout artiste souhaitant promouvoir sa chanson au travers d’une imagerie marquante. On note un détail ironique et amusant : le premier vidéo-clip (au sens tourné au format vidéo) de l’histoire date de 1977 et est dû au groupe Queen pour leur Bohemian Rhapsody. Ces même Queen qui signent la BO d’Highlander presque dix ans plus tard !

Le vidéo-clip, de par son essor et le côté expérimental qui le caractérise va donc influencer grandement l’art qui lui a permis d’exister, le cinéma. C’est ainsi qu’apparaissent de nombreux films marqués par l’esthétique clip : Flashdance et 9 semaines 1/2 d’Adrian Lyne, les films de Tony Scott (Top Gun…), Michael Mann (Le Sixième-Sens)…

Il est malheureusement très difficile d’établir une définition précise de « l’esthétique du clip », tous les films appartenant à cette mouvance restant différents et sans cohérence réelle les uns avec les autres.

En synthétisent grossièrement, on peut dire que l’esthétique clip au cinéma se caractérise par un montage particulier qui se concentre plus sur l’aspect purement visuel (la belle image, la transition audacieuse, l’adéquation image/son, etc…) que sur la création de sens par rapport au récit : la forme prime sur le fond.

Réalisé par un metteur en scène venu du clip, Russel Mulcahy, alors auréolé du succès de son premier film, Razorback, Highlander sera le film le plus représentatif de ce courant (avant qu’au milieu des années 90 celui-ci ressuscite a la puissance mille dans le cinéma d’action des Michael Bay et consorts, à grand renforts de surdécoupage et de montage faisant fi du raccord objet le plus élémentaire)

Le film multiplie les mouvements de caméra improbables, les filtres de couleur pour créer des images irréalistes mais très visuelles, le tout associé à la bande-son très puissante et très présente de Queen. Les transitions entre les époques du film sont d’ailleurs toutes traitées sur ce mode visuel, sans souci de réalité spatio-temporelle (ce qui impressionne et plait énormément à l’époque). Le meilleur exemple demeure la première, celle de la séquence où un travelling ascendant nous fait passer du parking souterrain du New York de 1985 à un champ de bataille de l’Ecosse de 1536, le plafond du parking faisant office de volet naturel. Tout est visuel.

Toutefois, soyons juste, bien qu’elle se laisse aller à de régulières fulgurances stylistiques, la mise en scène d’Highlander sait revenir aux moments opportuns (les scènes plus intimistes) dans le giron d’un cinéma plus classique.

C’est en tout cas cette forme particulière qui dans les années 80 est considéré comme le renouveau du cinéma, son avenir (la critique de l’Ecran fantastique le reflète bien : « réinvente le langage cinématographique, osant reculer les limites de celui-ci »).

Ajoutons que l’alliance de l’esthétique clip à la musique de Queen, groupe alors au sommet de sa popularité mondiale, n’est pas non plus innocente au succès du film et à l’engouement qu’il suscite.

Kurgan, un bad guy légendaire

Une autre raison du succès est qu’il « ressuscite » (le terme est un peu exagéré) l’heroic fantasy au cinéma, genre alors extrêmement peu représenté et toujours en attente d’oeuvres majeures (les seules à cette époque : Excalibur de John Boorman et Conan le barbare de John Millius, toutes deux de 1981). Highlander arrive sans réelle concurrence, seul porteur du blason de l’heroic-fantasy à un moment où le public en est privé.

Enfin et certainement, une autre des grandes raisons du succès public et critique du film, en France surtout, c’est bien évidemment la présence dans le rôle titre de Christophe Lambert, alors un des acteur les plus en vogue du moment, le plus prometteur, celui vers qui tout les regards sont braqués.

La lambert mania bat son plein

La "lambert mania" bat son plein

C’est en effet une ascension fulgurante que connait l’acteur pendant la période 80-86 où il enchaîne ses plus grands succès. De paroles et musiques avec Catherine Deneuve puis surtout Greystoke la légende de Tarzan, son premier film international qui le popularise et en fait une véritable icône, statut qu’il confirme avec Subway de Luc Besson, pour lequel il reçoit le césar du meilleur acteur en 1985. La « lambert-mania » bat alors son plein, « les spectatrices françaises se pâment devant ce héros romantique au sourire ravageur. Un frenchy bilingue au talent international, ce n’est pas si fréquent ». La presse l’encense, affirme qu’il possède «  le plus beau strabisme du cinéma hexagonal »(Extrait de la revue les plus grands films fantastiques consacré à Highlander).

C’est avec cette côte d’amour énorme et cette crédibilité artistique conséquente de son interprète principal qu’arrive Highlander, ajoutant indubitablement à l’attrait naturel exercé par le film.

La critique de l’Ecran fantastique reflète bien cette popularité : «  comédien exceptionnel » pour Christophe Lambert.

Le succès du film paraît donc beaucoup plus logique à la lumière des quelques éléments évoqués.

Maintenant, pourquoi l’image du film évolue-t’elle aussi négativement avec les années ? Il suffit d’observer l’évolution dans le temps de chacun des éléments constitutifs de son succès à ce moment donné pour le comprendre :

Perte d’aura du film

Qu’advient-il de l’esthétique-clip au cinéma ? Si elle est très à la mode dans les années 80, elle va subir un revers important avec le temps :

Mad Movies de Juillet 2002 : «  Highlander de Russel Mulcahy paraît bel et bien daté aujourd’hui pour une simple et bonne raison : il s’agit d’un reflet cinématographique d’une certaine époque désormais révolue »

Bien que les montages cut et les mises en scène virtuoses n’aient pas disparu des écrans ( Panic Room, Fight Club de David Fincher par exemple) ils se sont dorénavant intégrés à la narration, se sont fait plus discrets ( exception faite d’un certain cinéma d’action comme évoqué plus haut). La mise en image d’highlander, avec toute son exubérance, son côté clinquant 80′s fait tout simplement too much aujourd’hui. Comme tout ce qui est à la pointe de la mode (particulièrement ce qui est à la mode dans les années 80 d’ailleurs) à un moment donné, le visuel du film s’est démodé et accuse aujourd’hui son époque. Et c’est on ne peut plus logique, l’esthetique-clip tirant son influence du vidéo-clip, forme servant avant tout à refléter les améliorations technologiques visuelles, ce qui était au summum une année est obsolète la suivante.

Le film ayant été le plus représentatif du mouvement, il est par conséquent inévitable qu’il essuit les plâtres de l’obsolescence de celui-ci.

Un extrait d’une critique qui reflète cela :

« le parcours du réalisateur Russel Mulcahy ne se remettra justement jamais de cette obsolescence de l’esthétique clip puisque ses films suivants seront démolis par la critique et sortiront, au fur et à mesure des années, dans l’anonymat le plus total »

The source, une séquelle consternante ET hilarante

The source, une séquelle consternante ET hilarante

Une autre raison qui entraîne la perte de valeur du film dans l’inconscient des spectateurs, c’est aussi la qualité médiocre des séquelles (le mot est juste !) que le succès du film a engendré. Conçue comme un tout, l’histoire d’Highlander n’appelait pas de suite, ce que les producteurs avides s’échineront à ignorer pour livrer des opus de plus en plus en décalage avec la dramaturgie originelle, de plus en plus bâclés et de plus en plus fauchés (le dernier en date, Highlander the source, qui n’est même pas une suite du film original mais de la série télévisée, est assurément un des pires nanard que le cinéma ait engendré depuis sa création !!). Cette longue suite de ratés créant une franchise Highlander, alors vite conspuée par les cinéphiles, ternissant en même temps que son nom, l’image du film original au gré du temps.

Cette médiocrité des séquelles permet de soulever en même temps LE point le plus important à mon sens dans la perte d’aura du film, celui qui a dénaturé son souvenir dans l’inconscient collectif, à savoir : la décrédibilisation artistique de Christophe Lambert.

C’est précisément après Highlander que les choses vont se gâter pour l’acteur, dont la carrière et l’image publique vont décliner lentement et assez irréversiblement jusqu’à aujourd’hui :

Face au succès qu’il rencontre, le comédien va en effet se sentir assez confiant pour prendre des risques dans ses choix et qui vont malheureusement s’avérer totalement infructueux. Cela commence avec Le Sicilien de Michael Cimino, projet ambitieux qui va s’avérer un bide assez important au box office, déconcertant ses fans.

L'affiche du Sicilien

« Lambert continue de choisir des personnages mi-hommes, mi-enfants, lunaires, mais le succès n’est plus au rendez-vous. S’exilant aux Etats-Unis, il va alors enchaîner de nombreuses série Z d’actions, de plus en plus fauchées ( Adrenalin, Mortal Kombat, Mean-Guns, 2 doigts sur la gachette, Beowulf, fortress 2…) et des comédies embarrassantes ( hercule et Sherlock, Arlette) ».

Année après année, de choix hasardeux en choix hasardeux, Lambert ternit son image, devenant aux yeux des critiques puis d’une partie du public l’équivalent artistique et humain d’un Steven Seagal ou d’un Jean-claude Van Damme, de ces gros bras dont on aime se moquer.

Beowulf de Graham Baker

Beowulf de Graham Baker

Il est ainsi éloquent d’observer la place réservée à l’avant dernière suite d’Highlander, Highlander Endgame dans la presse spécialisée à sa sortie en 2001. Ainsi Mad movies qui avait consacré eux aussi un numéro entier à la sortie du premier opus, expédie le sort de ce volet en une courte colonne dans la rubrique du cinéphage (il faut dire aussi que les 2 oeuvres sont loin d’avoir la même qualité et la même influence sur le plan cinématographique). La désillusion est totale, l’attente qu’inspirait Lambert a disparu et ses films sont certifiés nanards avant même d’avoir été vus. Aujourd’hui quoi qu’il fasse (et il y a eu récemment des oeuvres de bon niveau avec lui, La disparue de Deauville, l’homme de chevet, pour n’en citer que deux) il ne fédère plus, la majorité du public ne le suit plus.

Un grand nombre des films dans lesquels il joue ne sort d’ailleurs plus directement qu’en vidéo. L’image que véhicule aujourd’hui Christophe Lambert est à l’inverse de celle qu’il avait au début de sa carrière : au héros intemporel, mystérieux et charismatique s’est substitué l’image d’un « gentil niais », faiseur de nanards et aux capacités de jeu proches du néant (sa marionnette des guignols de l’info est à ce titre éloquente).

C’est donc en grande partie à cause de cette monstrueuse perte d’aura de l’acteur que s’explique l’image navrante que se traîne le film aujourd’hui :

Lambert ayant l’image d’un acteur dénué de talent n’ayant semé que des mauvais film, c’est l’intégralité de sa filmographie qui est aujourd’hui passée sous ce prisme critique, les succès pourtant avérés comme Highlander compris.

There sould have been only one

There should have been only one

Voilà comment, par la simple évolution contextuelle, un film passe du triomphe à la disgrâce.

The CnS

Liens utiles : Le cinéma américain sous reagan ; L’ecran fantastique ; Mad Movies

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Rencontrer La Reine : 2 Livres sur le phénomène Queen

On a tendance à l’oublier au vu de ses derniers articles mais le blog des d00dz a aussi pour thème la littérature et (dans une moindre mesure) la musique. Aussi, pour ce premier article de l’année vais-je de ce pas réparer le manque, en vous parlant de 2 ouvrages sorti l’année dernière, et traitant du groupe de rock anglais culte : Queen.

Queen Baroque’n'Roll de Marc-Emmanuel Konigson

Le premier, sorti en juin 2008 s’intitule : Queen baroque’N'roll (superbe titre): une histoire du groupe anglais. Epais de 333 pages,  il est l’oeuvre de Marc-Emmanuel Konigson, journaliste spécialisé dans la presse ciné et rock. Comme son titre l’indique, l’ouvrage prend le parti de raconter TOUTE l’histoire du groupe, s’intéressant ainsi à chacun de ses 4 membres fondateurs (à la différence du second livre dont je vais vous parler) : Brian May (guitare), Roger Taylor (batterie), John Deacon (basse) et Freddie Mercury ( piano-chant), leurs interactions, leurs origines sociales, leurs albums solos, bref tout ce qui explique le cheminement artistique et humain du groupe, son parcours au travers de ses 20 années de carrière, de 1970 à 1991, date du décès de Mercury des suites du SIDA.

L’auteur fait le pari de synthétiser près d’une décennie d’ouvrages divers sur le groupe pour en restituer le parcours le plus juste et le plus documenté, et y parvient avec un brio incontestable. Foisonnant d’anecdotes en tout genre, le livre nous replonge au plus près des ambiances de chaque année traversée, en faisant des parallèles pertinent entre l’évolution de style des albums du groupe, celle de la musique en général, l’évolution des moeurs et l’influence de la réception du public des oeuvres de Queen dans l’épanouissement de celui-ci.
Konigson revient également en détail sur les relations difficiles pendant toute leur carrière, entre le groupe et les médias, retraçant ainsi toute la haine et l’incompréhension dont Queen fut l’objet dans la presse rock spécialisée (et notamment en france, où ils étaient conspuées par Philippe Manoeuvre), crachant sur ces énergumènes à la musique en perpétuelle évolution et du coup impossible à catégoriser dans une case bien confortable.

Mais le plus passionnant pour l’amateur du groupe, c’est la musique, et le livre se révèle irréprochable de ce côté là, analysant en détail chaque album, chaque single, chanson par chanson, se permettant régulièrement de s’arrêter sur le sens caché derrière les paroles de certains couplets.

Le livre ne se limite enfin pas seulement à la période Mercury mais raconte tout ce qui suit sa mort, des albums posthumes à la tournée avec Paul Rodgers, des reprises diverses à la comédie musicale We Will Rock You.

Ecrit dans un style très agréable, qui évite toute langue de bois (l’auteur a beau être fan, il ne se prive pas pour reconnaitre les erreurs occasionnelles du groupe), Queen Baroque’N'roll est un livre passionnant qui vous fera pénétrer l’univers de ce groupe au talent immense et incontestable.

Freddie Mercury de Selim Rauer

Prolongement idéal du livre de Konigson, cette biographie de la figure emblématique de Queen, sobrement intitulée « Freddie Mercury » passionnera tous ceux et celles qui désirent en savoir plus sur l’icône, pénétrer le masque du génial showman pour découvrir la réalité de l’homme derrière les paillettes.

Sorti en septembre 2008, et riche de 340 pages, le livre est l’oeuvre de Selim Rauer, déjà auteur d’une biographie du réalisateur Pier Paolo Pasolini : La Passion De Pier. A l’inverse de Queen baroque’N'roll, cet ouvrage n’a pas pour but de retranscrire « l’histoire d’un groupe », mais bien celle « d’un homme qui faisait parti d’un groupe ». L’histoire Queen est donc bien présente, ainsi que ses membres, mais seulement dans ce qu’elle a d’inévitable dans la narration comme dans la vie de Mercury. Le coeur du livre visant à lever le voile de mystère qui entoure le lead-singer de Queen, il s’attarde à dépeindre l’auteur de Bohemian Rapsody côté coeur, ses doutes, ses angoisses, sa vie amoureuse et (bi)sexuelle mouvementée et ses diverses recherches ( artistiques, géographiques, humaines) pour trouver le bonheur par dessus tout. On découvre ainsi un être profondément attendrissant, timide et humain, à la conception de la vie hedoniste, qui a réussi ce qui est le rêve de beaucoup d’entre nous : devenir celui qu’il avait toujours rêver d’être, par la seule foi inébranlable en son propre talent.

Bien écrite, documentée (Rauer, lui aussi réussit le pari de synthetiser la pléthore d’ouvrages en anglais déjà paru sur Mercury), cette biographie est à recommander aussi bien aux fans qu’à ceux qui s’intéressent aux personnalités au destin « bigger than life ».

The CnS

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The Legend of Zelda : une épopée héroïque

Qui ne connait pas la fameuse musique ? Qui ne connait pas le petit bonhomme vert ? Rares sont ceux qui n’ont pas joué une fois dans leur vie à un épisode de Zelda, de par le nombre de jeux disponibles sur les différentes plates formes.
Je n’écrirai pas ici un historique de tous les opus disponibles, mais plutôt mon regard sur les jeux auxquels j’ai joué. Ceci reste ma vision personnelle de cette grande saga.

The Legend of Zelda (Nes juillet 1987): Les prémices du jeu d’aventure

Link vu de haut

Voici mes premiers moments de stress et de plaisir sur un jeu. Voici l’un des précurseurs des jeux à sauvegarde, ce qui amène une durée de vie de jeu plus longue. Le charme de cet opus est la possibilité de pouvoir explorer le monde sans s’attacher à terminer la quête principale. Pouvoir se ballader dans le monde juste pour découvrir les différents paysages, quel plaisir !!!
La quête est ponctuée d’énigmes (qui ne sont quand même pas des plus difficiles) pour certains passages du jeu et de tactiques à mettre en place pour tuer les boss de chaque donjon.
Les prémices du jeu d’aventure se font sentir et Zelda s’y inscrit comme l’un des meilleurs.

A link to the past (Snes avril 1992) : La suite tant attendue

Devant le palais d'hyrule sous la pluie

Cet opus fut l’un des plus attendu et il ne déçut pas. Considéré comme le meilleur opus de la saga (sauf pour moi ça aurait été trop facile).
Cet épisode rajoute tout ce qui manquait au premier : La variété réelle de décors fournis par l’utilisation optimale de la puissance de la console, l’apparition de quêtes secondaires, un scénario plus ficelé que le premier, mais surtout le plus important à mes yeux: les bases du monde de Zelda sont posées (personnages, légendes,…).
Nombre de joueurs ont passé de leur temps devant Zelda 3, et rien ne vaut une petite partie dans laquelle on se laisse embarquer pour des heures durant.

Link’s awakening ( game boy aout 93): passage aux portables

Link en prise aux ennemis dun donjon

Link en prise aux ennemis d'un donjon

Premier opus à débarquer sur une console portable, il reste dans la lignée de l’épisode Snes. Il surprendra plus d’un joueur par sa longévité, et tout les ingrédients du troisième volet ( Snes) y sont présent.
L’histoire se détache quelque peu des épisodes antérieurs car on n’y retrouve pas les personnages récurrents, mais cela permet un changement, qui en soi n’est pas un profond chamboulement. Ce passage sur la console portable fut un succès.
Cet épisode sera décliné d’ailleurs à plusieurs sauces, notamment en version couleur.

Zelda Ocarina of Time (N64 décembre 1998) : La révolution

Une phase musicale

Une phase musicale

Voici à mes yeux le Zelda qui restera une référence, même si pour certains un regret est présent: l’absence de la musique légendaire. Cet opus marque les révolutions majeures; dues en partie : au passage en 3 dimensions, en terme de game-play, de longévité et d’immersion dans le jeu.
Tout d’abord par le game-play pour son système de « lock » sur les énnemis ou objets. Fini la caméra qui s’affole pour un rien lorsque l’on tape sur un adversaire. Désormais grâce à ce système un énnemi est « fixé » et on ne le perd jamais de vue (système qui sera réutilisé par la suite plus d’une fois par d’autres jeux). Ne pas avoir à gérer les sauts est aussi un plus, on ne joue pas à Mario. Les sessions a cheval font une grande part de la liberté de mouvement, avec le système de saut automatique qui reste présent. On peut ainsi parcourir le monde à dos d’Epona, quel bohneur!!!!
L’immersion est presque totale avec Ocarina of Time. Premier point : le passage du héros de l’enfance à l’âge adulte. Transition qui s’opère avec l’évolution du monde pendant ce laps de temps, notamment par l’évolution des gens que vous avez rencontré petit et qui ont changé lorsque l’on devient grand. Le temps qui passe autour de vous contribue aussi à entrer totalement dans le jeu. Le passage du jour à la nuit (hérité de Castlevania ?) tout comme les différences entre les 2 époques du monde.
Sa longévité héritée de ces prédécésseurs, est décuplée. Rien que la quête principale tiens un très bon temps (seul les RPG du type de Final Fantasy seront plus long à finir), mais sa durée de vie est augmentée grâce à toutes les quêtes secondaires. Certaines serviront à augmenter l’équipement de votre héros quand d’autres sont totalement inutiles et surtout là pour ceux qui veulent s’aérer de la quête principale.
Les donjons ont tous une ambiance différente et contribuent à développer les protagonistes de l’histoire, et on aimerait parfois secouer notre héros pour qu’il agisse un peu plus avec les personnages qui sont devant nous.
Il s’agit de l’épisode qui reste le plus sombre à mes yeux, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir la fin, un sentiment difficile vous submergera.

Episodes GBA (octobre 2001, mars 2003) : la démarcation

Oracle of seasons

Oracle of seasons

Tous les épisodes qui apparaissent sur GBA se démarquent des épisodes de leurs consoeurs par : la reprise de la suite directe de la version game-boy, d’ambiances plus enfantines et par une plus grande simplicité en terme de game play.
Les nostalgiques aimeront y jouer.

Majora’s Mask (N64 novembre 2000): La déception

Face à lennemi de cet opus

Face à l'ennemi de cet opus

Pourquoi une déception ? Alors que cet épisode reprends tous le bon de Ocarina of Time en oubliant pas cette fois de mettre la musique légendaire ?
L’explication est assez simple en fait, la notion d’aventure basée sur trois jours n’offre pas d’évolution réelle. L’originalité sur tous les points n’est pas présente. On retrouve les mêmes personnages que le jeu précédent. Les quêtes secondaires trop nombreuses nous perdent et l’intérêt pour l’histoire devient obsolète. Et un dernier point qui m’est propre: mettre des masques et en changer toutes les 20 secondes est plutôt emmerdant.

Windwaker (GameCube mai 2003): Entre haine et amour

Le choix graphique une réussite?

Le choix graphique : une réussite ?

Cet opus reste mitigé à mes yeux par le choix graphique qui a été pris. Le jeu en deviens moins adulte, et surtout le charisme de notre héros deviens équivalent à celui d’une huître. Se ballader sur la carte avec un bateau (ce qui prends quand même la moitié du temps de jeu) est très vite ennuyeux. Même si cet épisode possède quelques bons points au niveau rapidité de l’animation, le jeu reste sans saveur.

Twilight Princess (Wii et GameCube décembre 2006): Reconquête des joueurs

Le monde à cheval

Le monde à cheval

Reprenez les ingrédients d’Ocarina of Time, mélangez les avec de la beauté des graphismes et ajoutez y un héros qui enfin devient expressif et ainsi vous obtenez Twilight Princess.
Cet opus reste une merveille après l’attente d’un vrai Zelda depuis Ocarina of time. Les nouveautés proposées en terme de possibilités, d’histoire, de phase de jeu permettent de ne plus se sentir frustré.
Quoi qu’en disent les détracteurs de la Wii, le game play apporte une nouvelle immersion dans le jeu, et il m’est arrivé plus d’une fois d’être épuisé après de longs combats (je sais je suis un grand malade).
Très bon point votre personnage vous fais ressentir plus de sentiments, il a enfin un peu plus de réactions à son environnement et lors de ses dialogues avec les protagonistes. On note également la possibilité de mener des charges à cheval et d’en tomber, la chose qui manquait aux épisodes de N64.
Le passage du monde de l’ombre au monde la lumière (repris de l’épisode de Snes), est très intéréssant. Le jeu permet de vous transformer en loup et offre ainsi des possibilités nouvelles.
Mais malheureusement il y a quand même un gout de réchauffé, pas de grands bouleversement comme lors du passage entre Snes et N64.

Zelda, mais qu’en reste t’il ?????

Depuis ses débuts en 1987 et ses nombreuses apparitions sur différentes plates formes, Link est devenu au fil du temps un héros récurrent repris dans d’autres licences tel que Soul Calibur ou Super Smash Bros.
Son côté novateur a su propulser la licence parmis les meilleurs jeux (période de Nes à N64), elle a su conquérir des millions de joueurs. Même les plus jeunes aujourd’hui la connaissent par le biais des épisodes de GBA et DS (qui ont su garder le charme du début tout en s’éloignant des consoles de salon). Mais depuis, les derniers sortis ont un goût de réchauffé qui nous laisse, nous joueurs de Zelda, en attente d’un nouveau changement qui nous fera passer des heures avec notre ami Link. Même si le dernier reste très bon on ne peut se détacher des révolutions que nous avons vécu avant.

Espérons voir prochainement une révolution que Zelda ne manquera pas de nous faire vivre et vibrer.

Theldaran

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