Retour en enfer pour le réalisateur de Spiderman !

C’est officiel, le 29 mai 2009, Sam Raimi, réalisateur à succès de la trilogie Spiderman, reviendra à ses fondamentaux et au genre qui l’a fait connaitre et aduler par les geeks du monde entier, à savoir le cinéma d’horreur, auquel il aura donné certains de ses plus beaux fleurons avec la cultissime (et le terme n’est ici pas erroné) trilogie Evil Dead.

Les raisons du retour aux sources

C’est avec un long métrage intitulé Drag me to hell ( Jusqu’en enfer chez nous) que se prépare ce retour, qu’on espère en fanfare. A la base de Drag me to hell, il y a un scénario écrit par Sam Raimi et son frêre Ivan ( l’Armée des ténèbres) dans la période séparant Evil Dead 2 de Darkman ( soit 1988 pour les non intitiés). Sa tentative de portage sur le grand écran avorte à la suite de l’échec retentissant du western de Raimi, Mort ou Vif ( avec Sharon Stone) qui signe le début d’une période de vache maigre pour le cinéaste. Remettant profondément en question son style virevoltant, Raimi choisit de se réinventer dans un cinéma plus classique à partir de Un plan Simple. A ce moment là, le projet Drag me to hell part donc aux oubliettes. Le temps passant, auréolé du succès de ses Spiderman, Raimi élabore un petit empire au travers de sa boite de production Ghost House Pictures, qu’il destine à produire du cinéma d’horreur. Le résultat on le connait : une belle enfilade de nanards allant des remake de The Grudge à Boogeyman. Toujours est-il que c’est à la faveur de cette ligne éditoriale que ressort le projet Drag me to hell. A ce stade, Raimi souhaite s’en tenir uniquement à son rôle de producteur. Mais suite à des problèmes de financement, le réalisateur choisit de porter lui même son bébé à l’écran afin de ne rien sacrifier du script tel qu’il l’a voulu.

L’histoire

Drag me to hell raconte l’histoire de Christine Brown, une campagnarde dont l’ambition est de réussir à Los Angeles. Travaillant dans une banque, elle reçoit un jour la visite d’une mystérieuse vieille dame qui vient lui demander une extension de son prêt. Dans le but d’obtenir une promotion de son patron, Christine refuse de l’aider. Cette décision provoque la ruine de la vieille dame, qui, dépossédée de sa maison, jete un sort sur Christine. Celle ci se retrouve alors hantée par un esprit maléfique et n’a plus que 3 jours pour enrayer la malediction avant qu’un démon émergeant des enfers ne l’entraîne avec lui.

Le retour de la « Raimi’S touch ? »

Sur le papier, il faut bien avouer que ce résumé n’a rien d’excitant ( ce serait même plutot le contraire) et que le projet se fondrait dans l’anonymat du tout venant de la production horrifique sans la présence derrière la caméra de Sam Raimi. On le sait, les Evil dead n’ont jamais brillé par la qualité de leurs histoires ( plus des pretextes qu’autre chose) mais bien grâce à l’audace de l’inventivité visuelle et rythmique de Raimi, toujours prompt à injecter une idée folle par plan. On compte donc sur lui pour retrouver cette fameuse « Raimi’s Touch » qui a fait sa réputation pour faire de Drag me to hell un vrai ride jouissif à l’ancienne. L’arrivée prochaine d’une bande annonce nous éclairera sans aucun doute sur l’orientation prise par le réalisateur et on saura à ce moment si on tient là un futur classique.

Le casting

Dans les rôles principaux on retrouvera Alison Lohman ( la vérité nue) ainsi que Justin Long ( Jeepers Creepers, Die hard 4).
Dans sa volonté de revenir au cinéma de ses racines, Raimi déclare vouloir privilégier une approche exclusivement physique des effets spéciaux et s’adjoint pour celà les compétences de Greg Nicotero avec qui il avait déjà travaillé sur Evil Dead 2 et 3.
Petit regret, nous n’aurons apparemment pas droit cette fois ci à l’habituel caméo de Bruce Campbell, faute d’un planning compatible…

Vous l’aurez compris, on attend avec une certaine impatience de pouvoir découvrir Drag me to Hell, afin de constater si, oui ou non, Raimi a toujours la candeur et la folie nécessaire au futur Evil Dead 4, qu’il a également annoncé l’été dernier. En espérant qu’il ne s’agisse pas encore d’une énième arlésienne !

Liens utiles : EvilDeadFrance, fiche imdb du film

The CnS

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Bad Times : Who’s Bad ?

Hop ! En tant que  »fan français officiel totalement autoproclamé » de Christian Bale ( American Psycho, le futur Terminator Salvation), je poursuis mon exploration des oeuvres du monsieur. Intéressons nous donc aujourd’hui à Bad Times (Harsh Times en VO) sorti sur nos écrans le 10 janvier 2007.

Bad Times a été écrit et réalisé par David Ayer, scénariste notamment de Training Day et Dark Blue. Il s’agissait de sa toute première réalisation (il a depuis récidivé cette année avec le bon Au bout de la nuit), qu’il a entièrement autoproduit en indépendant, allant jusqu’à engager son propre argent ( en hypothéquant sa maison !) dans le financement du film, ceci afin de préserver l’intégrité artistique d’une histoire qui lui tenait vraiment à coeur.

Cette histoire quelle est elle ?

Bad Times nous conte donc la destinée de Jim Davis (Christian Bale), jeune vétéran de la guerre du golfe, profondément traumatisé par les combats et au bord de la folie psychotique. A bout de ressources, il nourrit maintenant l’espoir que ses multiples candidatures auprès des services de police de la ville de Los Angeles aboutissent, afin de remettre de l’ordre dans sa vie et de prendre un nouveau départ.
En attendant, Jim passe son temps avec son meilleur ami Mike (Freddy Rodriguez), chômeur lui aussi, les deux consacrant leurs journées à boire et fumer, et à dealer de combines en combines dans les rues chaudes de South Central, plutôt que de chercher du travail.
Jim se voyant refuser l’accès à la LAPD, il est contacté pour rejoindre les forces de sécurité du territoire. Acculé face à un choix crucial, Jim s’apprête à faire le mauvais et à laisser échapper la folie qui le ronge…

Un film sous influence …

On le sent à la lecture de ce résumé, Bad Times traite, comme des oeuvres majeures telles que Taxi Driver ou Bad Lieutenant, de la marginalisation d’un individu au sein d’une société pour laquelle il n’est plus adapté, et qui court à sa perte telle une véritable bombe à retardement. C’est donc là le propos du film, mais pas nécessairement son coeur. Car Bad Times traite aussi, et avant tout selon David Ayer, de l’amitié, de sa force et des choses que l’on est pret à faire pour elle.

Qui créé son propre rythme …

La narration de Bad Times repose ainsi tout entière ( et trouve par là même sa limite) sur ses 2 personnages principaux, Jim et Mike, et sur leur déambulations. On suit leur quotidien et au travers de celui ci, Ayer nous depeint une tranche de vie des quartiers, nous livrant la dangerosité de ce monde où, au detour d’une épicerie, vous pouvez être témoin d’une fusillade entre gangs, où les flics qui vous arrêtent sont d’anciens compagnons de partage de stupéfiants et où un réglement de compte peut survenir à l’endroit où vous prenez un verre…
Ainsi certains ont reproché au film et à son scénario d’être flous, de n’avoir qu’un mince fil conducteur en guise de prétexte, et d’enchainer des scènes qui ne débouchent (parfois) sur rien. Et ça n’est dans l’absolu que pure vérité. Mais c’est justement de ce parti pris que le film tire sa force, sa véracité et son côté attachant : en faisant du spectateur le troisème compagnon de Jim et Mike et en lui faisant partager leur quotidien, en l’immergeant totalement dans cette descente aux enfers en le mettant au même niveau que les personnages, il lui permet de les comprendre, de les critiquer, sans les juger.

Des interprètes fabuleux

Dans le rôle complexe de Jim, Christian Bale est brillantissime, tout simplement. Il excelle à illustrer les différents masques comportementaux qu’adopte son personnage : totalement crédible en petite caille blanche élévée dans un bas quartier espagnol (il maitrise l’argot des rues à merveille), il se révèle hilarant (lorsqu’il conclut une douloureuse introduction d’une sonde dans sa verge par un doux euphémisme : « that was… unpleasant ») ou devient d’une rigidité comportementale absolue dès lors qu’il doit se confronter au monde du travail (tirant cette maitrise de soi de son enseignement militaire). Mais dès qu’un grain de sable se glisse dans l’engrenage, sa folie se manifeste par des explosions de rage absolument tétanisantes (et rappellant son interpretation du Patrick Bateman d’American Psycho). Bale est donc magistral et porte le film mais soyons juste et rendons également honneur au travail fabuleux de Freddy Rodriguez, qui incarne à merveille ce brave copain, qui a compris la vie et ses responsabilités mais qui rechigne encore à les endosser et se laisse parasiter par la mauvaise conscience qu’est Jim.
La scène finale entre les 2 protagonistes est ainsi d’une grande intensité, portée par le jeu sans faute des 2 acteurs.

Les défauts de ses qualités/ les qualités de ses défauts

Comme toute première oeuvre, Bad Times n’est bien sur pas exempt de défauts de jeunesse. J’ai déjà évoqué plus haut les limites de sa narration, qui rendent difficiles pour le spectateur la compréhension des enjeux globaux d’une telle histoire. D’un point de vue esthétique, Ayer alterne de vraies idées de mise en scène (comme de filmer les dialogues en voiture de l’exterieur de l’habitacle, afin d’avoir la ville de LA dans le reflet des vitres, pour la montrer en tant que personnage à part entière de l’histoire) avec de grosses fautes de goûts (le rêve/flashback d’introduction absolument horrible, les flashs avec altération sur la pellicule illustrant les sautes d’humeur de Jim, procédé bien trop démonstratif).

Néanmoins, ces quelques points demeurent des broutilles pour un film dôté d’un fort capital sympathie à mes yeux et qui, sans se hisser aux côtés de ses glorieux modèles, vaut franchement le détour.

The CnS

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Mesrine Part 2 : L’Ennemi Public N°1

Suite et fin du diptyque consacré à celui qui fut l’ennemi public n°1 de la France des années 70, Jacques Mesrine, aussi surnommé « l’homme aux milles visages » pour sa propension à se grimer pour passer incognito aux yeux des autres.

Cette seconde partie reprend donc là où nous avait laissé L’Instinct de Mort, à savoir quelques temps après sa spectaculaire évasion au Canada et le meurtre de 2 gardes-chasses qui l’ont conduit à être déclaré « ennemi public n°1″ là bas. Revenu en france, il ne lui faudra pas longtemps (de braquages en évasions) pour acquérir le même « titre » et devenir une star auprès des médias, et l’homme à abattre pour toutes les polices de France. Son épopée criminelle s’arrête le 2 Novembre 1979, porte de clignancourt où il est abattu sans sommation au volant de sa voiture de 2O balles par la police.

Une distribution à la hauteur

Si l’Instinct de mort nous contait l’ascension de Mesrine dans le banditisme, L’Ennemi Public n°1 nous le décrit selon l’image qu’a gardé de lui la majorité des Français qui vivaient à cette époque : celui d’un personnage charismatique à la gouaille et à l’audace fracassantes. Dans le rôle de Mesrine, Vincent Cassel excelle de nouveau, pousuivant plus avant la transformation physique entamée en se lestant d’une bonne vingtaine de kilos (en réalité le contraire, les films ayant été tourné dans l’ordre déchronologique, l’acteur a du prendre du poid avant le tournage, qu’il a perdu à mesure de celui-ci). Le casting s’enrichit de comédiens de talent pour interpréter les acolytes importants de Mesrine pendant ses dernières années : Mathieu Amalric ( François Besse), Gerard Lanvin (Charlie Bauer), Ludivine Sagnier (la dernière compagne : Sylvia Jeanjacquot)…

Le point de vue adopté

Au delà du biopic et de la peinture fidèle et réaliste qu’il suppose, Jean François Richet envisage également son film sous l’angle du polar, conférant à son métrage un véritable souffle digne des meilleurs oeuvres du genre. Si Mesrine est le héros du film, et celui-ci construit comme une « tragédie annoncée » ( l’execution de Mesrine étant le point d’orgue vers lequel tout le film culmine), à aucun moment les 2 films ne font l’apologie du personnage, nous le présentant au contraire dans sa réalité humaine : quelqu’un doté d’un grand charisme, révolutionnaire et insoumis à l’autorité mais néanmoins un voleur, capable de la violence la plus extrême.

L’Ennemi Public N°1 nous donne ainsi à voir, en guise d’ultime rappel idéologique, une scène d’une violence crue péniblissime : l’embuscade tendue par Mesrine à un journaliste qui avait insulté son sens de l’honneur dans un article. Filmée entièrement en écho à la séquence de mise à mort du mac dans L’instinct de mort, cette scène choquante vise à bien démontrer toute l’ambiguité et la dangerosité du personnage ( contrairement à ce que pourrait laisser penser l’affiche christique du film).

Une cavale qui s’achève dans le sang

Point culminant des deux films, La mise à mort organisée de Mesrine est mise en scène et filmée avec une maestria impressionnante. Déjà vue (en partie) dans le générique du premier film du point de vue de Mesrine et de sa compagne, nous voyons ici la scène du côté des policiers, partageant avec eux la tension grandissante de l’instant. Au fameux feu rouge, alors que les baches du camion s’apprètent à se soulever d’un instant à l’autre, la bande son s’interrompt, la musique s’arrête; ne demeure plus que le souffle rauque des policiers qui s’estompe en un compte à rebours final mortifère, avant que ne s’abatte séchement la pluie de plomb.

Proprement scotchante, la séquence conclut admirablement le diptyque, qui, plus encore qu’un excellent biopic, demeurera comme une réussite du polar français.

The CnS

Sorti le 19/11/2008 dans 476 salles

Site officiel

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